Module 4
Les règles d'or de sécurité
Le rein d'un patient traité est très bien protégé au quotidien… et temporairement vulnérable pendant un épisode aigu. Savoir quoi faire pendant 48 à 72 h évite la plupart des évitables.
Épisode aigu : fièvre, gastro, canicule
Déclencheurs : diarrhée ou vomissements de plus de 12 h, fièvre élevée, canicule avec sudation importante, impossibilité de boire ou de manager normalement les repas. La règle « S.A.D.M.A.N. » liste les médicaments à suspendre temporairement — après un appel à votre médecin ou votre pharmacien — puis à reprendre 24 à 48 h après le retour à la normale.
Ce qu'on continue toujours
Boire par petites gorgées régulières, poursuivre l'insuline si vous êtes diabétique (jamais d'arrêt sans avis), prendre du paracétamol pour la fièvre, se peser chaque jour.
Quand appeler sans attendre
Impossible de boire depuis 12 h, urines très rares ou très foncées, perte de plus de 2 kg en 48 h, malaise en se levant, confusion, ou diarrhée qui dure au-delà de 48 h.
Carton rouge aux anti-inflammatoires (AINS)
Les AINS resserrent l'artériole d'entrée du glomérule : ils coupent littéralement l'arrivée de sang dans le filtre. Sur un rein déjà fragile, quelques jours suffisent pour faire chuter le DFG — parfois durablement. Ils sont en vente libre : c'est justement ce qui les rend dangereux.
À ne pas prendre sans avis néphrologique
- ✕Ibuprofène (Advil, Nurofen, Spedifen)
- ✕Kétoprofène (Profénid, Toprec)
- ✕Diclofénac (Voltarène, Flector)
- ✕Naproxène (Apranax, Antalnox)
- ✕Aspirine à dose antalgique (≥ 500 mg)
- ✕Célécoxib, Étoricoxib (Arcoxia)
Attention aussi aux formes en gel, en sachet, en suppositoire et aux associations contre le rhume : lisez toujours la composition.
L'alternative sûre
Paracétamol (Doliprane, Dafalgan, Efferalgan) : 1 g par prise, en espaçant d'au moins 6 heures, sans dépasser 3 g par jour (2 g si vous pesez moins de 50 kg, en cas de maladie du foie ou de consommation d'alcool régulière).
Douleur non soulagée après 48 h ? On ne double pas la dose : on appelle son médecin, qui dispose d'antalgiques adaptés au rein.
Prudence également avec : produits de contraste iodés (prévenez le radiologue), compléments alimentaires et tisanes « détox », automédication en phytothérapie.